Une ville, des rues, ma rue, des vies.
La ville est composée d’une multitude de quartiers, elle-même composée d’une multitude de rues. Ces rues sont l’expression de la rencontre entre le développement urbain, la nature et les hommes et les femmes qui y vivent.
Elles sont également l’expression des mélanges culturelles et intergénérationnelles, qui s’efforcent de vivre ensemble le mieux possible.
On rencontre, souvent par hasard, ainsi que par nécessités des visages, des looks, des jeunes, des vieux, des commerçants, des passants, des voisins et des cultures différentes, à l’aube, à midi comme à minuit.
L’avenue d’Echallens est une avenue comme tant d’autres, rien de particulier ou d’extraordinaire. Une artère qui emplit ou vide, selon l’heure, la population du centre ville de Lausanne.
J’y habite par hasard, au milieu du va-et-vient incessant des cages en métal. Elles passent et repassent sans cesse, comme pour aller dans la même direction que le bus, elles sont bruyantes, parfois colorées et elles emplissent, tapissent les murs ainsi que nos petits poumons d’une suie charmante.
Comme moi, d’autres personnes habitent là, sans doute aussi par hasard, il y a également des commerçants, probablement repoussés en dehors du centre ville pour des raisons économiques. Des médecins se sont établis, une bibliothèque et deux hôpitaux se dressent à notre périphérie, mais pas de musée.
Mon travail photographique vous propose un reflet de cet équilibre indispensable entre les habitants, les commerçants, les passants et leurs environnements. Un regard sur l’intégration sociale, le métissage de couleurs plus ou moins blêmes de l’architecture urbaine mêlées aux couleurs de ses habitants. L’histoire d’une vie de quartier, de notre vie : celle que nous vivons chaque jour sans y jeter un vrai regard. Ce quartier, c’est vous.
Vie, habitat, travail et nature sont indissociablement liés. L’aménagement du territoire devrait avoir pour but suprême de trouver le juste équilibre entre le logement, l’épanouissement personnel, l’intégration sociale et l’adaptation à la nature.
Andrea Eggli
Quelques mots sur le travail :
Le début de ce travail photographique fut inspiré par l’intérêt que je porte à mon entourage, à mon quotidien et également à ma condition de photographe. L’idée de construire un projet local sur ma proximité découle de cette réflexion et d’un point de vue purement photographique c’est également un véritable défi à relever.
Dans le cadre de ma réflexion actuelle, ce travail se décline en trois parties :
- Commerçants dans leur environnement
- Habitants dans leur «chez soi»
- Architectures et détails urbains changeants
J’ai commencé ce travail durant l’année 2008 et j’y consacre une partie de mon temps libre ainsi que les jeudi si je n’ai pas d’autres priorités photographiques.